FONDS AUDIOVISUEL DE L'AGENCE CULTURELLE ET TECHNIQUE DE L'ESSONNE (ACTE 91)

Déplier tous les niveaux

Cote/Cotes extrêmes

1422W/1-147

Date

1984-1998

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Archives départementales de l'Essonne

Description physique

146 articles

Origine

AGENCE CULTURELLE ET TECHNIQUE DE L ESSONNE (service producteur)

AGENCE CULTURELLE ET TECHNIQUE DE L ESSONNE (service versant)

Modalités d'entrées

versement

Présentation du contenu

Ce fonds a été collecté en décembre 1999 au moment où l'Agence Culturelle et Technique de l'Essonne a déménagé. Il est composé de 107 cassettes audio et de 40 cassettes vidéo VHS et permet de se rendre compte des activités de l'Agence Culturelle et Technique de l'Essonne. 1) 1422W1-107 : Cassettes audio - 1422W1-42 : Collection Naissance d'un département : entretiens oraux réalisés pour monter l'exposition ""Naissance d'un département"" sur les trente ans du département de l'Essonne. - 1422W43-65 : Collection Histoire des Lieux/ Lieux d'histoire à Draveil : enregistrements de conférences. - 1422W73-75 : Collection Journées Petite Enfance à la Médiathèque de Corbeil - 1422W76-78 : Collection Rencontre : la lecture et ses acteurs - 1422W79-80 : L'Orme à Martin - 1422W81-88 : Collection Journées Sciences Sociales et Ethnologie à Chamarande - 1422W89-94 : Collection l'Essonne au temps de la Seconde République à Crosne - 1422W95-97 : Colloque REPT 2) 1422W108-147 : cassettes vidéo VHS - Bibliographie: - ""30 ans d'Essonne, 30 ans de ville nouvelle : la naissance d'une ville nouvelle"", Mémoire de la Ville Nouvelle, Document mémoire n°1, décembre 1998."

Langue des unités documentaires

Français

NAISSANCE D'UN DEPARTEMENT MONSIEUR ET MADAME COUSIN – SAINT-MICHEL-SUR-ORGE.

Cote/Cotes extrêmes

1422W/25

Autres Cotes

27 - Num - 27 - Copie de sécurité 1422W25 - 2006 - 2006 - 27Num/27 (Cote de substitution)

Date

1995

Importance matérielle

00/50/43

Caractéristiques physiques

produit fini, Cassette audio, Interview

Origine

AGENCE CULTURELLE ET TECHNIQUE DE L ESSONNE (service producteur)

AGENCE CULTURELLE ET TECHNIQUE DE L ESSONNE (service versant)

Biographie ou Histoire

Naissance d'un département, interview réalisée pour monter une exposition sur les trente ans du département de l'Essonne.

Présentation du contenu

MONSIEUR ET MADAME COUSIN - SAINT-MICHEL-SUR-ORGE Collection: Naissance d'un département Forme: Interview réalisé pour monter une exposition sur les trente ans du département de l'Essonne Interviewer : Muriel Genthon.

Monsieur et Madame Cousin, habitants de Saint-Michel-sur-Orge nous raconte leur arrivée dans le quartier du Bois des Roches et leur installation dans leur pavillon.

Transcription : - Monsieur Cousin : Nous sommes arrivés en juin 67 à Saint-Michel, nous venions de Maintenon, j'étais à l'époque Officier de l'Armée de l'Air et j'ai été affecté à Paris. Le bureau du logement de la région parisienne avait des appartements à louer dans le cadre du 1% patronal, des accords avec la société Deromedi. Le Bois des Roches commençait. C'est comme ça qu'avec nos enfants nous sommes venus habiter le 15 juin 1967 au Bois des Roches. Voilà notre entrée dans l'Essonne. Avant, nous étions en Eure-et-Loir parce que nous n'avions pas trouvé à nous loger plus près de Paris. Muriel Genthon : Le Bois des Roches venait d'être terminé? Monsieur Cousin : c'était la pampa ! Madame Cousin : Non, le Bois des Roches n'était pas terminé, il était encore en construction. Nous sommes venus voir notre futur appartement trois semaines avant, on a enjambé des planches. Monsieur Cousin : C'était la boue, les bulldozers, il n'y avait que les bâtiments qui poussaient. Il n'y avait aucune liaison piétonnière ni routière qui était faite telle que vous la connaissez maintenant, le minimum : Pas de commerçants, pas de téléphone. Madame Cousin : L'école dans les préfabriqués, tant et si bien qu'arrivant le 15 juin on s'est dit que ça ne valait pas le coup de scolariser les enfants pour quinze jours vu les conditions. C'est comme ça que notre fils aîné est allé à l'école Descartes, toute nouvellement créée : première école créée dans le cadre du Bois des Roches. Le marchand de journaux avait une caravane... Monsieur Cousin : Monsieur Brion, le marchand de journaux qui était d'une grande famille de Saint-Michel : ils étaient douze ou quatorze, avait acheté un emplacement pour faire une librairie-papeterie-tabac. Comme c'était pas encore en construction, il avait aménagé une caravane qu'il avait planté au milieu du Bois des Roches, au milieu de la rue Saint Saens, avec des planches, des caillebottis tout autour, et là il vendait quelques cigarettes et des journaux. Madame Cousin : il y avait un commerçant itinérant, c'était le laitier qui faisait du porte à porte avec sa camionette. Monsieur Cousin : Si non, Carrefour existait déjà. On était tourné vers Carrefour, géographiquement c'était le plus près. Madame Cousin : Et puis, le petit centre commercial qui était à cheval entre Saint-Michel et Sainte-Geneviève. Monsieur Cousin : Le futur Euromarché était en train de se construire. Il a du être inauguré en 68-69. Le seul qui avait le téléphone, c'était le docteur Cohen qui était le seul toubib du coin, pionnier médecin généraliste-accoucheur. C'est chez lui, en cas d'urgence, qu'il fallait téléphoner. Madame Cousin : Il n'y avait aucun téléphone public ni téléphone privé. Personne ne pouvait obtenir le téléphone. Monsieur Cousin : A l'époque, il fallait attendre deux ou trois ans pour avoir le téléphone. Nous, on l'a eu en quittant la rue Rameau où on était, pour venir ici, c'est-à-dire qu'on aeu le téléphone en 70. C'était la pampa, le tempérament pionnier. On avait connu ça à Chateaudun, à Maintenon, déjà à plusieurs autres endroits. Madame Cousin : On avait l'habitude. Très vite, on a arrangé les pelouses devant, et derrière il y avait un énorme monticule de terre que les enfants trouver merveilleux pour jouer. Un jour on a vu un rat et on s'est dit qu'il fallait arranger ça, alors on a mis aussi des pelouses derrière. Les enfants de Sainte-Geneviève étaient très heureux de venir jouer avec les ascensceurs de la maison, il n'y avait pas de limites entre les deux communes. Ils envahissaient, ils trouvaient ça très drole. Monsieur Cousin : On était pionnier. Il n'y avait pas de cars pour aller à la gare, il fallait y aller à pied, traverser le Bois des Roches, s'en mettre plein les chaussures. Les trains étaient moins nombreux que maintenant mais ils étaient plus fiables. La ligne C du RER, c'est mon ennemie. La S.N.C.F. subit une dégradation terrible. La Poste était à côté du passage à niveau qui a été condamné après. C'est une toute petite poste pour 3000 habitants à Saint-Michel. Il y a eu une implosion avec le Bois des Roches qui a ammené 3000 familles. Le samedi matin, la plupart des gens travaillaient à Paris, il y avait une queue pas possible à la Poste de Saint-Michel. Il y avait deux cabines téléphoniques à l'intérieur, mais condamnées par la guichetière. Il n'y avait pas de cabines à pièces, rien, c'était le vide. Je vous cite une anecdote : les portes, si on n'avait pas les clefs, on ne pouvait pas rentrer. Ma femme était allée un jour en commissions et avait oublié ses clefs à l'intérieur. Elle s'est trouvée bec dans l'eau. Elle m'a téléphoné à Paris après avoir réussi à trouver un téléphone chez un commerçant, et il a fallu que je vienne de Paris pour qu'elle puisse rentrer à la maison. Muriel Genthon : Comment était l'ambiance? Monsieur Cousin : Excellente. Pour moi, on a eu la chance, parce qu'on était logé par le bureau de logement de l'Armée, d'avoir une cage militaire. Il y avait l'Armée de terre et l'Armée de l'air et de l'autre côté, les appartements étaient plus petits, il y avait des célibataires, ou jeunes mariés de la S.N.C.F. On s'entendait très très bien. Madame Cousin : Comme toujours, des lieux où il y a des difficultés, ça rapproche les gens. Ils ont les mêmes ennuis : des histoires de mises à la terre, d'électricité. Monsieur Cousin : La phase était sur la sonnette, elle était sur le prise de terre de la machine à laver aussi, quand on sonnait chez moi ça sonnait chez lz voisin mais l'inverse ne se passait pas ! On a essuyé les plâtres, beaucoup. On s'entraidait, surtout les mamans avec les enfants. Madame Cousin : J'ai connu un couple avec lequel on est resté plus en lien qu'avec les autres parce que justement, n'ayant pas ma clef, je me suis assise sur les marches au rez-de-chaussée et la voisine m'a fait entrer chez elle pour attendre mon mari. Il a eu, c'est vrai, des liens qui se sont créés assez vite entre les familles. Monsieur Cousin : Les enfants avaient le même âge, ils se retrouvaient à l'école Descartes. Muriel Genthon : L'école Descartes, c'était une école primaire? Il y avait une école maternelle? Madame Cousin : Il y avait une école primaire et une école maternelle. Les deux aînés sont allés à l'école Descartes qui venait d'ouvrir. Après s'est ouvert le collège Boileau. On a eu de la chance parce que l'âge de l'aîné correspondait toujours aux ouvertures des différentes écoles. Plus tard, il a eu un second collège : Jean Moulin, vers la route de Montlhéry, en 75. On est resté quatre ans au Bois des Roches. On l'a vu se terminer. En se promenant, on allait voir ce qu'il y avait de nouveau. La cadence était terrible. Ca s'est construit à une vitesse folle. Monsieur Cousin : Ca s'est terminé en 69, le Bois des Roches, au point de vue habitations. Les finitions c'est autre chose. Madame Cousin : En 1970, cet ensemble de pavillons et d'immeubles s'est construit et on disait on devrait aller voir. Mon mari disait : un militaire ne va pas acheter un pavillon ! Et puis, un samedi matin, au lieu de prendre un gauche pour rentrer chez nous, on a pris à droite pour aller voir les nouvelles maisons. Mon mari m'a dit : on va les voir tes maisons ! On a été très séduit et on a très vite signé. Ca nous plaisait comme coin, les gens aussi. Le processus s'est engagé très vite. Muriel Genthon : comment s'apelle ce quartier ? Monsieur Cousin : Les Résidences de Saint-Michel. C'est un ensemble de 95 pavillons et 335 appartements, mixte Muriel Genthon : Vous preniez le train tous les jours pour aller à Paris. Il y avait beaucoup de gens avec vous? Monsieur Cousin : Au début, je prenais le train et après j'ai eu la chance que l'Armée de l'air nous mette des cars. Après, j'ai pris le car, mais il n'y avait pas l'autoroute du Sud. Elle n'allait que jusqu'à Wissous, il fallait sortir. Il fallait prendre la Nationale 20. L'autoroute n'était pas finie. Un jour, on a mis deux heures et demi pour aller au Ministère de l'Air, boulevard Victor. Le chauffeur essayait de passer, il n'y arrivait pas. Le soir, c'était la Pampa. Heureusement, à l'époque l'armée de l'air avait conventionné des cars privés. On avait de la chance d'avoir des cars avec la radio. Tous les anciens du Bois des Roches on se souvient de Signé furax parce que ça tombait à ce moment-là ! Ca nous détendait. Les cars partaient de Brétigny, il y avait d'autres logements, ils passaient ici, après Sainte-Geneviève, à Savigny et là on rattrapait la N7 et on remontait jusqu'à Paris. Quand ça ne passait pas, on prenait la N20. Le car partait de la rue Saint Saens. Muriel Genthon : Vous disiez que le train marchait mieux que maintenant ? Monsieur Cousin : Il y en avait un peu moins mais ils étaient à l'heure. Tandis que maintenant, il y en a plus mais ils ne sont jamais à l'heure. C'est une catastrophe ! On n'en parlera pas... On a l'impression que la ligne C du RER a la quintessence de tous les grévistes de la S.N.C.F. et que dès qu'il y a une pécadille on arrête tout et les passagers : démerdez-vous ! Là aussi c'était l'aventure, parce que normalement on devait pénétrer jusqu'aux Invalides, car à l'époque ça n'allait pas jusqu'à Boulevard Victor, mais souvent on se retrouvait aux grandes lignes parce que ça ne passait pas. Il fallait se débrouiller. On était les bestiaux de la S.N.C.F. Muriel Genthon : En quelle année a été créée la ligne C du RER? Quand est-ce que la ligne a été transformé de train en RER? Monsieur Cousin : Dans les années 1970. Avant, ça s'appelait Paris Austerlitz. Ca marchait mieux, c'était plus fiable et on avait un contact, les annonces se faisaient normalement, quand il y avait des pertubations il y avait un chef de gare qui était là pour renseigner. Muriel Genthon : Vous n'aviez pas de voiture? Madame Cousin : Si, mais je m'en servais étant donné qu'il n'y avait pas de commerces proches, il fallait une voiture. Les enfants allaient à la piscine, d'abord à Viry-Châtillon puis à Brétigny. On chargeait les voitures copieusement et on revenait de Brétigny par la petite route tortillarde de Plessis-Pâté. Il n'y avait pas la Francilienne bien sûr. Monsieur Cousin : Ca s'appelait la 446. C'était une nationale qui sortait de Saint-Michel/Sainte-Geneviève pour prendre une petite route qui longeait. C'est le tracé de la 104 qui était d'abord à deux voies et qui est passée à quatre voies. Tous les ponts ont été refaits parce qu'ils étaient trop petits. Muriel Genthon : Vos enfants étaient heureux? Madame Cousin : Oui, ils étaient heureux. Je ne pense pas qu'ils gardent un mauvais souvenir de Saint-Michel. Au Bois des Roches, il jouaient dehors. On avait la chance d'être en bout de résidence, il y avait moins de circulation et ils pouvaient jouer dehors. Monsieur Cousin : La circulation c'était pas celle d'aujourd'hui. A l'époque, il y avait à peine une voiture par foyer. Les routes étant en construction, il n'y avait pas de danger. Madame Cousin : Ils ont connu le Bois des Roches tranquille : la rue leur appartenait. Après, ils ont peut-être eu un peu plus de difficultés parce que le lycée était plus loin : l'aîné a pris un vélo, le deuxième a pris un solex et le troisième allait à pied ou à mobylette. Ensuite, on a eu la quatrième, en 75, qui a connu Saint-Michel avec toutes les bonnes choses, le lycée s'est construit avec elle. Muriel Genthon : Si vous êtes venus ici, c'était une volonté d'accéder à la propriété? Monsieur Cousin : Ici dans ce pavillon, pour devenir propriétaire. En août 1971. L'Armée de l'air a commencé à me faire tourner autour de Paris, alors j'ai préféré prendre les transports pour que la famille reste stable. L'achat, ici, à l'époque, se faisait à l'aide de prêts qu'on avait : les prêts fonctionnaires, les prêts du Crédit Foncier, des prêts à 5,5 ! Aucune mesure avec ce qu'on a aujourd'hui. Madame Cousin : C'était aussi une maison plus grande. On avait un F5 et ici on avait un F6, donc la possibilité pour chacun d'avoir sa chambre. Muriel Genthon : Les loyers augmentaient régulièrement? Monsieur Cousin : Oui. Quand j'ai quitté le Bois des Roches, le loyer tournait entre 2500 et 3000 francs par mois, en 70, ce qui correspondait à la somme qu'il fallait que je rembourse par mois. Madame Cousin : D'autant plus qu'il y avait l'avantage d'avoir un jardin, d'être chez soi et d'avoir plus grand. Monsieur Cousin : Au Bois des Roches, il n'y avait pas plus grand que le 5 pièces. Pour 6 pièces, il fallait aller ailleurs. Muriel Genthon : Souvent les gens ont des positions bien tranchées entre le collectif et l'individuel. Est-ce-que c'était important pour vous? Avez vous l'impression d'être plus isolés? Madame Cousin : On a fait beaucoup de collectif. C'était pas seulement le fait d'être indépendant, d'abord c'est une demi-indépendance étant donné que c'est une maison jumelée et que l'isolation phonique n'est pas terrible, donc on n'est pas tout à fait tout seul. Non, je crois que c'était le fait, en effet d'avoir quelque chose à soi : des économies forcées. Monsieur Cousin : Avoir plus grand, avoir une cave pour mettre les vélos, l'endroit pour mettre la voiture, avoir un grenier, un jardin, c'est agréable. On était un peu décentré, c'est vrai, par rapport au Saint-Michel de l'époque parce qu'il n'y avait pas la Noue Rousseau ni la Francilienne. On est en périphérie du Bois des Roches. On était accolé au Villagexpo qui était les pionniers de la zone pavillonnaire. Le petit centre des Genets n'existait pas puisqu'il a été créé en même temps que les H.L.M. qui sont venus après. On était excentré, d'être les derniers avant la Francilienne, depuis la Noue Rousseau. Muriel Genthon : Et la vie de quartier, c'est un changement? Madame Cousin : On a eu assez vite d'autres voisins et d'autres relations ici. Les enfants sont un excellent moyen pour entrer en lien les uns avec les autres. De plus, il y a une association de co-propriétaires. Monsieur Cousin : On a lutté contre le promoteur pour les malfaçons donc ça a rapproché les gens. Ici, il y a la notion de rue : la rue Fragonard, la rue Renoir et la rue Corot, ce sont trois chapelles différentes. On connaît mieux sa rue que les autres rues. Je les connais bien parce que j'ai été président du Conseil syndical donc, par la force des choses, j'ai du connaître les co-propriétaires, mais, bien qu'on soit en résidence, on a quand même des chapelles. Madame Cousin : Il y a des gens qui sont là depuis le début de la résidence. On a vu finir notre maison donc on est vraiment arrivé le plus possible, dès qu'elle a été construite. Monsieur Cousin : Les plus anciens ont acheté sur plan, sans rien voir. Nous, on a acheté avec un pavillon témoin et en voyant la maison se construire. On venait en pélerinage le samedi et le dimanche pour voir avec les enfants où en était la maison : on était hors d'eau, on en était au premier étage, l'escalier a été posé, le toit était fait. Muriel Genthon : A ce moment-là Villagexpo était en train de se faire? Monsieur Cousin : Il était en train de finir et c'était vendu. Madame Cousin : Il y a eu une autre tranche après, mais, nous, on était déjà propriétaire ici. Monsieur Cousin : Ca a pris deux ans à se vendre. Ca se vendait très vite à cause des prêts à la construction qui étaient très intéressants. Beaucoup de gens, qui ont habité ici ou qui habitent ici, ont été au Bois des Roches. Madame Cousin : Le fait de voir des pavillons se construire nous a séduit et on s'est dit : pourquoi pas? On s'est dit si on n'achète pas, on perd le bénéfice de prêts intéressants, on a fait le saut. On a payé la vitrification du parquet et après on n'avait plus rien. C'était agréable parce que c'était des pavillons livrés terminés : papier peint, moquette, on pouvait être dedans sans problème. Muriel Genthon : Dans ce quartier, il y avait des immeubles et des pavillons. Et la copropriété, c'était l'ensemble? Monsieur Cousin : C'était l'ensemble. 235 appartements du studio au 4 pièces et 95 pavillons du 4 au 7 pièces. Muriel Genthon : Et ça ne posait pas de problèmes entre les gens des immeubles et ceux des pavillons? Monsieur Cousin : On s'ignore. Il y a un Conseil syndical principal. Au départ, la résidence était privée pour ses zones de circulation, - ça coûte - ses réseaux d'égoût, son électricité. C'est le promoteur qui nous a refilé ça quand il a tout vendu. Le Conseil syndical principal avait ça à charge. Au fil du temps, les Conseils syndicaux se sont attachés à rétrocéder à la municipalité le réseau des eaux usées et l'électricité, puisqu'on payait des impôts. Pour le moment, le réseau voierie n'est pas fait encore. Pourquoi? Peut-être on veut interdire à la mairie de continuer la rue Corot et de déboucher sur les H.L.M., parce que la rue Corot à ce moment-là serait un trop grand passage, et pour éviter ça, on maintient l'entretien de notre réseau de voierie. Le seul cordon ombilical qui nous lie avec les immeubles, c'est cette emprise générale qui fait partie de la co-propriété, et l'électricité, et les rues, c'est tout. Chacun d'entre nous a ses propres problèmes. Eux, ils ont leurs guerres de paillasson : pourquoi le gardien a mieux nettoyé son entrée que la mienne? Etc. On apelle ça la guerre des paillassons. C'est une population qui tourne beaucoup plus vite puisque les logements sont plus petits : des premiers habitants, il n'y en a plus beaucoup, tandis que chez nous il y en a plus, ça doit faire la moitié. Muriel Genthon : Il n'y a que des propriétaires? Monsieur Cousin : Oui, mais qui louent. Il y a des gens qui sont propriétaires ici et qui ont acheté parce qu'à l'époque ils ont pu acheté ce qu'on appelait des chambres de bonne, qu'on appelle maintenant des studios, et qu'ils louent pour rentabiliser. Il y en a d'autres qui ont acheté des appartements pour les louer. Les appartements étaient au tiers du prix des pavillons. Un pavillon comme celui-ci valait 200.000 francs et un appartement valait un peu moins de 100.000 francs. Ce qui fait qu'on n'a aucun lien étroit, sauf quand on est dans les Conseils syndicaux puisqu'on se rencontre et qu'on règle les problèmes de la vie courante. Mais on ne se connaît pas. Muriel Genthon : Par contre, vous connaissez les gens de votre rue. Monsieur Cousin : Oui, même un peu au-delà. Les premiers arrivants, comme nous, on s'est vu, on s'est revu, pour les malfaçons entre autres : une sorte de noyau dur. Mais il y en a qui sont partis et ceux qui les ont remplacés on ne les connaît pas. Muriel Genthon : Parce qu'il y a moins de problème aussi, peut-être? Monsieur Cousin : C'est vrai. Maintenant, les problèmes se sont échelonnés. Les seuls problèmes qui nous restent c'est ceux de la conception. Il faut savoir que la société Deromedi était anti-gaz de ville. Le Bois des Roches et nous, nous ne sommes pas raccordés au gaz. Pour notre alimentation énergétique, c'est le fioul. Nous avons une particularité, c'est qu'on nous avons une cuve commune pour tous les pavillons. Ca fait presque 25 ans qu'elle existe et va donc, peut-être, se poser le problème de son remplacement, et on est en tractation pour que le gaz pénètre ici. Les immeubles aussi vont se mettre au gaz, parce que c'est à l'heure actuelle, paraît-il, le moyen énergétique le moins cher. Si un jour ce cordon ombilical, pour nous pavillons saute, notre indépendance sera totale. Il nous restera l'entretien de nos voies et l'entretien des espaces verts. Mais on pourra encore moins se connaître ! Mais on a quand même de bonnes relations et on s'entraide. Maintenant les jardins sont terminés. Surtout à l'époque, quand il fallait faire des clôtures, charrier des tas de pierres, on s'entraidait. On faisait mieux connaissance que maintenant. Maintenant, c'est l'allure de croisière. Et puis, on vieillit, il n'y a plus le lien des enfants, ça a changé. Muriel Genthon : Au Bois des Roches, il y avait une vie associative, culturelle? Monsieur Cousin : Il n'y avait pas de lieu commun, de salle. Le hall des fêtes, les salles de réunion se sont faits après. La seule chose qui existait, c'était Villagexpo parce qu'ils ont eu leur hall en même temps, il y avait un lieu pour se rencontrer, nous on n'avait pas ça. Madame Cousin : La communauté catholique n'avait pas d'église et on avait comme chapelle le dessous des immeubles, ce qui est devenu à l'heure actuelle une salle communale, rue Saint Saens. C'était assez folklo ! Pendant les messes il y avait de temps en temps le bruit des canalisations et c'était si petit qu'il y avait des gens qui se trouvaient mal. C'était au niveau O, sous les rez-de-chaussée un peu surelevés. Monsieur Cousin : Notre fils aîné a fait sa première communion là, avant que l'église ne soit construite sur une dalle de parking dans le Bois des Roches. Madame Cousin : Après, il y a eu des lieux de réunions carrément en sous-sol, dans le bâtiment 36... Monsieur Cousin : Les salles de réunions sont relativement récentes. Madame Cousin : C'était la première salle possible. Je me rapelle de réunion du FCS, c'était l'ancienne chapelle. Salle de réunion, salle d'aérobic, les protestants adventisés, c'est devenu une salle de réunion, avec l'insonorisation du plafond. Au début on n'avait pas besoin. Peut-être aussi parce qu'il y avait cette chaine de solidarité dans l'escalier. Les gens du quartier, on les voyait un peu. Monsieur Cousin : Quand on revenait de Paris, nous les maris, le samedi - dimanche, on restait tranquille. Madame Cousin : Je me rapelle d'avoir acheté à une association de parents d'élèves et on se réunissait chez les uns et les autres. La machine à stencils était chez quelqu'un de Villagexpo qui prêtait l'espace de son séjour. Le cathé bien sûr se passait à domicile. Monsieur Cousin : On était pionnier. On n'avait pas de terrains de tennis ni de hall pour faire du hand-ball ou du volley. Il n'y avait rien de tout ça. Madame Cousin : C'est parce qu'on a vu venir tout ça tout doucement qu'on a pu s'attacher à Saint-Michel. En fait, on y est venu par hasard. Monsieur Cousin : Il faut reconnaître que la municipalité, c'est Monsieur Englander qui a pris la mairie en 71, a pris une ville en chantier. Il a mis un fort accent sur la partie associative, en donnant des lieux de réunions, en favorisant les associations. Par exemple, dans les premiers journaux qui sont sortis sous Monsieur Postol, le prédécesseur de Monsieur Englander, vous avez l'historique de Villagexpo, l'inauguration avec le discours inaugural du Secrétaire d'Etat au Logement, et vous avez les embryons d'associations qui commencent à se créer. Muriel Genthon : Vous disiez que vous emmeniez vos enfants à la piscine. C'était une activité organisée ou individuelle? Madame Cousin : C'était individuel. On avait du les inscrire à des cours de natation et on s'arrangeait entre mamans. C'était là qu'on avait notre vie collective. Monsieur Cousin : Il n'y avait pas de conservatoire de musique. Muriel Genthon : Vous avez connu la bibliothèque? Madame Cousin : Non, il n'y avait pas de bibliothèque. Monsieur Cousin : Marie Curie était prévue pour être une petite école et c'est resté en chantier un certain temps. La municipalité a bien mis cinq ou six ans avant de créer une bibliothèqie. On allait à Sainte-Geneviève. Madame Cousin : Il y avait le judo qui se passait aussi dans le hall de Villagexpo. C'était le seul endroit où on pouvait avoir des activités. Ils avaient des problèmes d'entretien, après ça a été municipalisé. Monsieur Cousin : Maintenant, il y a quand même des salles de réunions un peu dans tous les quartiers de Saint-Michel. Muriel Genthon : Quels souvenirs vous ont laissés ces années? Monsieur Cousin : En tant que chef de famille, j'en garde un très bon souvenir. Sinon, on aurait pu partir. Madame Cousin : Il y en a qui sont partis du Bois des Roches pour des raisons professionnelles et ils sont revenus parce que c'est un lieu agréable. Il y a une forme de communauté en particulier avec ceux qu'on connaît depuis longtemps. La communauté catholique est comme une seconde famille. Monsieur Cousin : C'est une ville agréable, bien qu'elle soit une cité-dortoir,au grand dam de la mairie. Les gens cherchent à venir habiter à Saint-Michel. S'ils n'achètent pas, c'est parce que c'est trop cher. Il n'y a plus de terrain. Il reste quelques agriculteurs encore à Saint-Michel : ça vient d'être labouré ! Il y a du blé. Madame Cousin : Quand nous sommes arrivés en 67, on a voulu changé de carte grise et on s'est dit : la Préfecture, c'est Evry. Alors on est allé à Evry qui naissait, on a débarqué à Evry grand bourg et on a demandé la Préfecture à deux dames : elles sont parties en éclat de rire, et nous ont répondu : Mais non, la Préfecture, c'est toujours à Corbeil ! On pensait que c'était à Evry. Je me souviens avoir fait des visites de future ville nouvelle. On a vu la ville nouvelle se créer. Muriel Genthon : Et en 67, vous l'avez eu cette carte grise 91? Ca n'était pas obligatoire. Madame Cousin : Nous, on a eu 15 jours pour changer l'immatriculation : c'est la loi. On l'a eu à Corbeil.

Conditions d'accès

NC Numérisé [substitution:27NUM/27/]

sans délais

Langue des unités documentaires

Français

Informations sur le traitement

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