TEMOIGNAGES ORAUX

Déplier tous les niveaux

Cote/Cotes extrêmes

26NUM/1-31

Date

2000-2002

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Archives départementales de l'Essonne

Description physique

31 articles

Origine

DIRECTION DEPARTEMENTALE DES SERVICES D ARCHIVES (ESSONNE) (service producteur)

DIRECTION DEPARTEMENTALE DES SERVICES D ARCHIVES (ESSONNE) (service versant)

Modalités d'entrées

versement

Langue des unités documentaires

Français

MARAIS DE MISERY MEMOIRE DE MONSIEUR HUBERT LECLERC

Cote/Cotes extrêmes

26NUM/1

Autres Cotes

26 - Num - 15 - Copie de sécurité 26Num/1 (1ère partie) - 2000 - 2000 - 26Num/15 (Cote de substitution)

Date

2000

Importance matérielle

02/00/00

Caractéristiques physiques

produit fini, TRANSFERT2000 SUR CD audio, DAT, Interview

Origine

DIRECTION DEPARTEMENTALE DES SERVICES D ARCHIVES (ESSONNE) (service producteur)

DIRECTION DEPARTEMENTALE DES SERVICES D ARCHIVES (ESSONNE) (service versant)

Présentation du contenu

MEMOIRE DE MONSIEUR HUBERT LECLERC (MARAIS DE MISERY) Date de l'entretien : 6 décembre 2000 Lieu de l'entretien : Archives Départementales de l'Essonne à Chamarande

6/12/00

Hubert Leclerc habite Coeuilly. Né dans le chalet des marais de Misery. Il est actuellement à la retraite.

Monsieur Leclerc, né en 1925 dans les Marais de Misery nous raconte ses souvenirs dans les marais de Vert-le-Petit des années 1930

Présentation de Monsieur Hubert Leclerc né le 25 novembre 1925 au poste de garde de Misery au bord de l'Essonnes. Anecdote sur le jour de sa naissance. La sage-femme venait de Mennecy. Marais de Misery était une chasse à canard très réputée. Les chasses étaient rares : deux fois par mois mais très giboyeuse. En plaine, on chassait trois fois par an, en septembre et deux fois en octobre. L'ouverture de la chasse à canard se faisait le 14 juillet mais on ne tirait jamais un coup de fusil avant le 1er novembre. Description des techniques de chasse à canard à l'intérieur des terres. Les canards n'étaient pas tués jeunes. On préférait tuer le canard le soir pour qu'il ne soit pas faisandé. Son père, né en 1895, était garde chasse à Misery. Il a fait son apprentissage en Seine-et-Marne auprès du Comte Greyful dès l'âge de 11 ans. Description de son apprentissage (élevage, garde). Départ à la Première Guerre Mondiale en 1914. Mariage en 1919 et devient garde chez un Comte dans la forêt entre Melun et Montereau près de Valence-en-Brie. Est embauché comme garde à Misery de 1920 à 1956. Période de la chasse la plus importante avant 1930 au moment de Monsieur Aubry-Vité qui était marié avec une fille Darblay. Les propriétés Darblay avaient été partagées entre les enfants Darblay (Robert avait Saint-Germain-lès-Corbeil, Rodolphe avait Mennecy) et cette fille détenait Misery. Son grand-père maternel était postillon dans un omnibus près de Fontainebleau. Suite à sa mort, sa mère est devenue lingère. A Misery, elle assurait l'entretien des oiseaux naturalisés qui se trouvaient dans le chalet. Cette collection a disparue, quelques exemplaires en double ont été donnés par Monsieur Aubry-Vité au Jardin des Plantes à Paris. Elle assurait les repas pour les chasseurs les jours de chasse. Chasseurs : personnes aisées et des personnalités comme par exemple l'ambassadeur des Etats-Unis en France, l'ambassadeur de Belgique vers 1936-37, nobles, bourgeois. Description du chalet : 4 pièces au rez-de-chaussée dont la salle à manger. Dans cette pièce, il y avait une belle cheminée et des meubles en acajou, 3 grandes vitrines remplis d'oiseaux naturalisés : des palmipèdes, un balbuzard en plein vol au plafond. Les oiseaux n'étaient pas mis dehors pour être protégés des mîtes. On passait de l'essence de térébenthine sur les pattes et mettre de l'anti-mîtes dans les plumes. C'était la décoration pour les chasseurs. Il y avait deux grèbes huppés qu'il a chez lui maintenant. Il possède des canards naturalisés qui venaient des marais. Monsieur Leclerc fils aidait son père qui avait été blessé à la guerre. Une fois, il a enlevé un cyprès (4 mètres de circonférence) en 1945-46, planté au bord de l'Essonnes pour maintenir la berge, qui s'était couché dans la rivière. Pendant la deuxième guerre, les Allemands employaient des jeunes corbeillois. Il allait à l'école primaire de Vert-le-Petit qui se trouvait à 4 kms de chez lui. Il revenait le midi manger chez lui. Il y allait en vélo ou à pied. Pendant le transport des betteraves, dès le mois d'octobre, les routes devenaient impraticables pour les vélos. Métiers : Par manque de main d'oeuvre, il a commencé à couper du bois pendant l'hiver 1941 pour gagner sa vie. Pendant l'été 1941, on construisait un puits à Vert-le-Petit pour mettre l'eau et il a été embauché comme puisatier. Ce puits avait été commencé en 1937-38. Il a travaillé dans une tourbière sur les terres du Comte de Loisne. Ensuite, il a travaillé à la distillerie d'Echarcon avec de la main d'oeuvre belge. Anecdotes pendant la deuxième guerre. Extraction de la tourbe : Vers 1942-43, une association a embauché de la main d'oeuvre sur les terres du Comte de Loisne pour extraire de la tourbe de chauffage. Par manque d'expérience des responsables, la tourbe de surface était extraite et mal séchée. Ils n'ont pas pu la manipuler et la faire carboniser. Cette tourbe avait été extraite pour chauffer les logements de Paris et de Juvisy. La tourbe utilisée était de mauvaise qualité et n'a finalement pas servi. Le savoir-faire avait été perdu Utilisation de louchets mécaniques : Le Comte de Loisne avait retrouvé des ferrailles d'un appareil pour extraire la tourbe avec des systèmes de pignons et de manivelles qui était difficile à manoeuvrer. C'était une plate-forme en bois montée sur roues et sur des rails. On remontait la tourbe avec une manivelle sur le côté avec un système de crémaillère. On ramassait la tourbe avec des bêches plates. On réalisait des carottes de tourbe qui étaient coupées en morceaux et déposées sur la plate-forme. C'était le poids de l'appareil qui enfonçait la tourbe. On faisait des pains de tourbes qui fallait retourner pour qu'ils sèchent (cf. document sur les louchets du dossier sur l'exploitation de la tourbe). C'était sur une parcelle de marais du Comte de Loisne, en dehors du coeur de la propriété à 200 m au-dessus et en face du lavoir de Vert-le-Petit, à Ballancourt. Une vingtaine de personnes y a travaillé, les hommes tiraient la tourbe de l'eau et les jeunes femmes retournaient la tourbe au soleil. Il ne connaît pas d'autres endroits à tourbe. Misery appartenait à Monsieur Aubry-Vité et à la fille Darblay. Il n'a jamais vu d'activités agricoles dans la ferme de Misery. Il y avait quand même un métayer qui avait de graves problèmes avec les lapins. Chasseurs : chasse privée avec 7 à 8 chasseurs au maximum. Ils venaient tous manger dans le chalet de chasse, la cuisine était faite au château d'Echarcon. Le château de Fleury-Mérogis appartenaient aussi à Monsieur Aubry-Vité. Chasse aux canards : tous les 15 jours en moyenne. Oiseaux : pas de mouettes rieuses. Bergeronnette grise, poules d'eau, martins-pêcheurs, peu de grèbes huppés, des milliers de canards colvert, beaucoup de hérons cendrés, petit butor, pas de hérons blongios, foulque ou judelle, grèbes castagneux, peu de balbuzard, sarcelles d'été et sarcelles d'hiver, canard pilet, canard souchet, filigule milouin et morillon, harle. Beaucoup de rapaces : émouchets, beaucoup de faucons pèlerins (15 à 20 faucons pèlerins au printemps au-dessus des étangs de Misery) qui attaquaient des canetons sur l'eau (Monsieur Leclerc protégeait les canards en se mettant près de l'étang avec un fusil), il pense que les faucons faisaient leurs nids vers Ballancourt. Busards, éperviers, peu de milans, grosses buses rares. Peu de grand corbeau noir dans les marais au printemps qui se nourrissaient des canetons. Chauve-souris dans la maison. Chouettes effraies (dessous blanc brillant) dans les vieux troncs d'arbre ou dans la charpente des vieux bâtiments (il y en avait dans la maison près du ru) qui se nourrit de mulots et de rats. N'a jamais vu de cigognes, a vu un cygne une année. Pas de niches pour les grèbes, quelques nids de sarcelles. Grande quantité de nids de canards colverts. Peu d'engoulevents. Rossignols des murailles, bergeronnettes. Bécassines dans le petit ruisseau, bécasses dans les marais où il y avait de la terre, ne vont pas dans l'eau. Chevaliers culs-blancs, courlis en petite quantité, pas de bécasseaux, vanneau huppé en plaine proche de la ferme, cannes pelletières dans la plaine d'Echarcon (outarde d'Europe). Pas de mouettes qui sont venues, selon lui, avec la multiplication des décharges et des détritus. Râles d'eau, loutres. Son père avait des pièges à loutre dans les années 1920-1930. Il y a des usines (imprimeries peut-être) qui ont été créées à Ballancourt et qui ont pollué (tâches d'huile) la rivière où sa mère faisait la lessive le lundi. A partir de cette pollution, les loutres ont pratiquement toutes disparues. Sa mère faisait sa lessive dans l'Essonnes près d'une petite cabane en bois avec une planche à laver au bord de l'eau. Elle faisait bouillir sa lessive et allait ensuite au lavoir (elle utilisait comme lessive des cristaux, de l'eau de javel et cendres de bois). Elle a du changer de jour de lessive à cause de la pollution (vers 1935). Avant, on pouvait voir le fonds de la rivière dans les endroits où il y avait 2 mètres d'eau. La rivière est beaucoup envasée actuellement. Technique de chasse : 3 conditions pour qu'il y ait des canards : de l'eau, de la tranquillité et de la nourriture. Le marais était organisé pour qu'il y ait du courant, les canaux étaient très bien nettoyés par les ouvriers employés par son père. La masse de canards permettait à ce qu'il y ait toujours du courant et le marais gelait difficilement. 40 tonnes de maïs mis par son père tous les soirs. Il mettait 5 à cm de maïs par terre dans les marais pour que les canards viennent se nourrir. Des haies en roseau, des abris en forme de fer à cheval (qui ont disparus actuellement) pour que les chasseurs se cachent. Les chasseurs venaient avec 2 fusils pour avoir le temps de tirer. Pour éviter d'être vus, les jours de neige, ils avaient des grands bérets blancs en feutre qui les cachaient. Les chasseurs se plaçaient sans faire de bruit, les ponts étaient recouverts de sacs. Son père dirigeait la battue et se mettait à l'opposé des chasseurs et tirait deux coups de fusil avec de la poudre noire pour faire du bruit pour tous les canards s'envolent des étangs. Les canards montaient très vite en hauteur. Son père élevait des canards " métisses " d'origine anglaise (identiques aux colverts au niveau du plumage) qui s'envolaient moins haut. Il achetait des œufs et les faisait couver par une lampe à pétrole dans des boites (2 m de long et 60 cm de hauteur : couveuse artificielle) ou avec les poules. La poule couvait dans une caisse en bois. Ils étaient nourris avec des pâtures (œufs durs et orties pillés), puis lâchés dans un enclos proche de la maison. Dès qu'ils savaient voler, ils partaient. Chasses nocturnes : jamais. Chasse réglementée : propriétaire fixait les règles beaucoup plus stricte, c'était une " chasse réserve". Les chasseurs de Vert-le-Petit chassaient le soir (à la tombée de la nuit) " à la passe ". Ils profitaient de l'envolée des canards de Misery. Ils ne venaient pas dans la propriété. Son père avait passé un arrangement avec le voisin pour qu'il ne tire pas les canards en lui donnant deux faisans par an. Grosses zones à roseaux dans les marais : les roselières ont diminué mais pas trop. Il lui semble que beaucoup de massettes ait disparu. Avant, ça poussait à une grande rapidité et bouchait les canaux. Les ouvriers devaient les couper. Ils n'avaient pas le droit de les mettre dans la rivière. Ils mettaient une grande perche pour tirer des roseaux de 4 m de hauteur. Ils étaient envahis. La massette, ensuite pourrissait.

Conditions d'accès

Communicable [substitution:26Num/15 ; 26Num/16]

sans délais

Langue des unités documentaires

Français

Existence et lieu de conservation de copies

Copie de sécurité 26Num/15 et 26Num/16

Informations sur le traitement

Notice établie conformément à la norme ISAD(G), norme générale et internationale de description archivistique (2000), et à la DTD-EAD (Encoded Archival Description), informatisation de la description.